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Pourquoi les IMF haïtiennes doivent embrasser la fintech maintenant

Tribune : les outils de scoring alternatif et le paiement mobile offrent aux IMF haïtiennes une occasion historique de servir les populations exclues du système financier formel.

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Pourquoi les IMF haïtiennes doivent embrasser la fintech maintenant

Les institutions de microfinance (IMF) haïtiennes font face à un paradoxe : elles opèrent dans un pays où 80 % de la population est non bancarisée, avec une demande théorique considérable, mais peinent à se développer en raison de coûts opérationnels prohibitifs et d'un risque de crédit difficile à évaluer.

La fintech offre une réponse partielle mais puissante à ce dilemme. L'utilisation du scoring alternatif, basé sur les données de paiement mobile, les historiques de transactions MonCash et les comportements numériques, permet d'évaluer la solvabilité de clients qui n'ont jamais eu de compte bancaire. Des expériences pilotes menées au Kenya, en Côte d'Ivoire et au Bangladesh montrent des taux de remboursement supérieurs à 95 % avec ces méthodologies.

Plusieurs IMF haïtiennes ont commencé à intégrer ces outils, avec des résultats encourageants. Fondation Sojè, par exemple, a réduit son coût d'instruction des dossiers de crédit de 40 % grâce à un partenariat avec une startup locale de scoring algorithmique.

Le vrai défi n'est pas technique — c'est culturel. Les dirigeants des IMF doivent accepter de partager leurs données avec des tiers, de modifier leurs processus internes et de former leurs équipes. Ceux qui ne feront pas ce virage risquent d'être marginalisés par des acteurs purement digitaux qui n'attendent pas.